
Le karst
Située aux confins de la Mayenne et de la Sarthe, la vallée du Treulon marque la transition entre les terres anciennes du Massif armoricain et les premiers plateaux du Bassin parisien. Elle repose sur un socle calcaire très ancien, patiemment sculpté par le Treulon, qui a creusé une vallée au relief discret mais contrasté, alternant versants rocheux, affleurements et pentes raides. Modelée par l’érosion et les circulations souterraines, l’eau a lentement dissous la roche calcaire, donnant naissance à des formes karstiques discrètes : grottes, petites pertes, résurgences, fissures et réseaux invisibles contribuent à la dynamique hydrologique de la vallée.
Paysages et biodiversité
La diversité des sols issus de cette géologie offre aujourd’hui une véritable mosaïque de milieux naturels : prairies sèches calcicoles, zones humides et bocage cohabitent dans une remarquable harmonie.
Cette géodiversité est à l’origine de la richesse écologique du site. Elle favorise la présence d’une faune et d’une flore spécifiques à chacun des milieux, notamment dans les prairies calcicoles connues pour accueillir une grande variété d’orchidées sauvages.


Chaux et carrières
La géologie locale a influencé l’architecture. Le calcaire marbrier, fin et parfois coloré, a été utilisé pour la construction des linteaux, encadrements et éléments décoratifs. Le roussard, grès rouge riche en fer typique du Maine, est employé dès le Moyen-Âge pour les chaînages, linteaux et modillons historiés. Ensemble, ces matériaux confèrent aux constructions leur tonalité chaleureuse et leur caractère singulier. Ce lien étroit entre la pierre et le bâti se lit encore aujourd’hui dans les murs des fermes isolées, moulins, châteaux et églises
Enfin, les traces de l’activité humaine — telles que l’exploitation de la chaux, rendue possible par la richesse des formations calcaires, ou la présence locale d’anthracite — témoignent du rôle majeur joué par la géologie dans l’histoire économique et sociale du territoire au XIXe siècle.
Cette interaction durable entre l’homme et la pierre a laissé une empreinte forte dans le paysage, perceptible autant dans les reliefs que dans l’architecture. C’est cette présence discrète mais persistante qui confère à la vallée tout son charme, rendant les balades particulièrement agréables, entre nature et mémoire
